Véronique Lauvergeat, Hypnothérapeute à Orléans

La jarre fêlée... métaphore pour l’amour de soi

08/06/20

Un porteur d’eau indien avait deux grandes jarres, suspendues aux deux
extrémités d’une pièce de bois qui épousait la forme de ses épaules.
L’une des jarres avait une fêlure et perdait presque la moitié de sa
précieuse cargaison en cours de route, alors que l’autre jarre
conservait parfaitement toute son eau de source jusqu’à la maison du
maître.

Pendant deux ans, chaque jour, le porteur d’eau ne livra qu’une jarre et
demie d’eau à chacun de ses voyages. Bien-sûr la jarre parfaite était
fière d’elle, puisqu’elle parvenait à remplir sa fonction du début à la
fin sans faille.
Quant à la jarre fêlée, elle avait honte de son imperfection et se
sentait déprimée parce qu’elle ne parvenait à accomplir que la moitié de
ce dont elle était censée être capable.

Au bout de deux ans de ce qu’elle considérait comme un échec permanent,
la jarre fêlée s’adressa au porteur d’eau au moment où celui-ci la
remplissait à la source :
- Je me sens coupable et je te prie de m’excuser.
- Pourquoi ? demanda le porteur d’eau. De quoi as-tu honte ?
- Je n’ai réussi qu’à porter la moitié de ma cargaison d’eau à notre
maître, pendant ces deux ans, à cause de cette fêlure qui fait fuir
l’eau. Par ma faute, tu fais tous ces efforts et à la fin tu ne livres à
notre maître que la moitié de l’eau.Tu n’obtiens pas la reconnaissance
complète de tes efforts.
Le porteur d’eau, touché par cette confession et plein de compassion
répondit :
- Pendant que nous retournons à la maison du maître, je veux que tu
regardes les fleurs magnifiques qu’il y a au bord du chemin.
Au fur et à mesure de leur montée sur le chemin, le long de la colline,
la jarre fêlée vit de magnifiques fleurs baignées de soleil et cela lui
mit du baume au coeur. Mais à la fin du parcours, elle se sentait
toujours aussi mal parce qu’elle avait encore perdu la moitié de son
eau.

Le porteur d’eau lui dit alors :
- T’es-tu rendu compte qu’il n’y avait de belles fleurs que de TON côté,
et presque aucune du côté de la jarre parfaite ? C’est parce que j’ai
toujours su que tu perdais de l’eau et j’en ai tiré parti. J’ai planté
des semences de fleurs de ton côté du chemin et chaque jour tu les as
arrosées. Pendant deux ans, j’ai pu grâce à toi cueillir de magnifiques
fleurs qui ont décoré la table du maître. Sans toi, jamais je n’aurais
pu trouver des fleurs aussi fraîches et gracieuses.